Et j'ai rêvé d'un mas
au-delà des cyprès
où notre vieillesse lente
en amour s'hébergeait
Le gris dans tes cheveux vainqueur du combat
et ton corps toujours chat
sous mes mains toujours blanches
mes yeux certes griffés
de bonheur près de toi
de rires et de soleil
nos jours sans lendemain
s'étirant paresseux
à l'ombre d'une treille
mêlant ses grappes d'or
au mauve évanoui
d'une antique glycine
Dans mes bras tu sommeilles
oubliées les angoisses
des temps expatriés
et nos corps basculés
dans l'éternelle jeunesse
d'un amour sans fin
nourris de nos baisers
se reposent apaisés
dans le frais de la chambre
au parfum de lavande
De caresses rêveuses
en rêves éveillés
ton ardeur s'immiscant
au creux de mes désirs
retraçant les chemins
tant de fois parcourus
nos mains émerveillées
réinventent le désir
en éclatants mystères
de sauvages aubades
A l'été de nos vies
j'ai rêvé d'un hiver
qui près de toi serait
douceur perpétuelle
nos coeurs adolescents
s'inventant des je t'aime
à l'ombrage de nos mots
apprivoisant la vie
puéril pied-de-nez
à la lente défaite
Mais aimer
mais vivre
mais aimer
jusqu'à la fin sans fond
Dissolution de nos âmes.


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