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eaux-douces

Un rêve

le 02/12/2007 à 18h22
Et j'ai rêvé d'un mas
au-delà des cyprès
où notre vieillesse lente
en amour s'hébergeait

Le gris dans tes cheveux vainqueur du combat
et ton corps toujours chat
sous mes mains toujours blanches
mes yeux certes griffés
de bonheur près de toi
de rires et de soleil
nos jours sans lendemain
s'étirant paresseux
à l'ombre d'une treille
mêlant ses grappes d'or
au mauve évanoui
d'une antique glycine

Dans mes bras tu sommeilles
oubliées les angoisses
des temps expatriés
et nos corps basculés
dans l'éternelle jeunesse
d'un amour sans fin
nourris de nos baisers
se reposent apaisés
dans le frais de la chambre
au parfum de lavande

De caresses rêveuses
en rêves éveillés
ton ardeur s'immiscant
au creux de mes désirs
retraçant les chemins
tant de fois parcourus
nos mains émerveillées
réinventent le désir
en éclatants mystères
de sauvages aubades

A l'été de nos vies
j'ai rêvé d'un hiver
qui près de toi serait
douceur perpétuelle
nos coeurs adolescents
s'inventant des je t'aime
à l'ombrage de nos mots
apprivoisant la vie
puéril pied-de-nez
à la lente défaite

Mais aimer
mais vivre
mais aimer
jusqu'à la fin sans fond

Dissolution de nos âmes.

Entre ici et là-bas

le 02/12/2007 à 18h18

Ombres du nord
les arbres suffoqués
roulent dans les flots gris
aurores aux doigts d'acier
pourtant mes souvenirs
s'enivrent de conquêtes
liberté, je décline ton nom
liberté au goût studieux
de petits matins pâles
liberté de néons aveuglés
de vents domestiqués
sous les ponts cathédrale
liberté à tempérament
achetée sous à sous
minute après minute
l'horloge de mes vingt ans
goutte vers le couchant

Lumière du midi
un chemin clair-obscur
m'écartèle sans honte
dans un souffle de forge
je respire
l'olivier frissonnant
sous l'enclume de l'été
la traîne bavarde
des rivières soyeuses
l'alanguissement des vagues
étirant leur rengaine
juste une poignée d'heures
sur les rails pressés
juste un rêve obstiné
et je passe
de l'ombre à la lumière
de la lumière à l'ombre
voyageuse endormie
que le soleil éveille
d'un baiser

Entre ici et là-bas
l'étoffe de ma vie
se déchire un peu plus
à chaque fois.

Le cercle

le 02/12/2007 à 18h17
Elle est
l'oiseau privé de ciel
froissant le cercle assymétrique
de ses affolements
jaillissant sur les peines
arrondies au centuple
douleurs légères
aux plumes délissées
par tant et tant de mains
Tes bras enfin
tisse le nid d'oubli
où son amour se love.

Alter écho

le 02/12/2007 à 18h15

Il y eut
chair alanguie
moiteur diffuse
ma peau
collante du foutre de tous ces regards
et puis l'éclair sineux de ta démarche
fendant ma vie en deux
avant/après
toi
nos corps ravaudés de bassesses
emmêlant leur sueur
plongeant
si haut si loin
émergés de l'océan primaire
naître humaine  
nos ventres tissant
le cordon gémellaire
en alter écho.

Sommeil des sentiments

le 02/12/2007 à 18h12
(double acrostiche)

Serres des impuissances au chant que nul n'entend
Elaguant les bourgeons d'une pierre assoupie
Nier d'appartenir de peur de perdre trop
Trouble espoir d'un ailleurs en solitude soustraite
Imprévisible élan d'un sourire orphelin
Mourir plutôt qu'admettre que d'un autre on dépend
Emotions en vinyle qu'un regard dérouta
Nue dans les voix pastel sous l'asphalte d'une main
Tanguant d'immodéré, démembrer sur le roc
Son âme sauvagine, aimer et être libre

Sa liberté était belle

le 02/12/2007 à 18h09
Sa liberté était belle

J'entendais le chant sauvage
le chant d'un corps
décorseté d'espoir
et de vie
sous la peau brûlante
de ses petites morts

Le roulis à ses hanches
et ses ivresses ouvertes
braquaient le coeur des hommes
sur ses gestes d'infante
et ses rires de reine

Un printemps dissolu
au son de ses talons
piétinant les hasards
niant l'infanticide
de sentiments amers
aux creux de ses tumultes

Mais un soir l'équinoxe
d'un regard effilé
sur ses bas en goguette
ses ébats sans mélo
brassant ses certitudes
brisant ses à-peu-près

et puis tout
et puis rien

Une ville nouvelle
se construit sur les ruines
d'une vie multipliée

Et tu vas où maintenant ?

Clef des songes

le 02/12/2007 à 18h07

Langueur sucrée d'un regard
délayé d'aube
moucharabieh de ses cils
enclos de rêves mauves

Je recueille en bouquet
d'odorantes allégeances
son corps arc-boutant
dans l'abside de mes bras

Et défroisse l'eau de lune
sur la brume d'une peau
à la tiédeur pâlie
par nos parfums d'attente

Filigrane caresse
de mes doigts arabesque
délissant ses passions
à l'ovale des limbes
où s'égrenent les pas

Récits en résonnance
de rêves enrayés
funambules cahotiques
d'une logique en sommeil

Mais de ma clef des songes
un sourire en arpège
divague la portée
Au bémol d'un baiser
j'accroche la clef des champs.

De mal en mieux

le 02/12/2007 à 18h04

L'herbe coupée des souvenirs en fugue
Au parfum d'amertume qui s'appelait l'enfance
Nécrose sa mémoire aux mâchoires souterraines
Narthex béant de peurs en doutes narcotiques
Insoumis aux gifles d'indifférence, clôture d'un regard
Verrouillé par les grilles d'inespérance
Et pourtant la clarté perce une voie profonde
Raccommodant sans hâte les accrocs d'une vie
Soulevée de passions et d'erreurs prorogées
Amours non données, reprises, trahisons ordinaires
Immergées en matrices d'histoires inachevées
Rappelle-toi la paix d'une aurore safran
Eludée de pourquoi dans la grâce du silence

Demain s'éveillera dans les draps magellan
Effleuré de soupirs aux bonheurs mordorés

Foudre bercée de fièvres en souffles fibrillés
Illuminant l'éther au gré d'inconséquences
Louange aux libertés qui m'ont menée vers toi
Oublieuse du passé en nos flots divagués, confiante en l'avenir, souriant au présent.