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eaux-douces

Sannyâsa*

le 16/08/2008 à 10h46
Partir
nue dans la naissance du jour
celui qui ne sera plus jamais ni jour, ni nuit
puisque désormais le temps s'allège

Faudra-t-il pour cela éplucher chaque parcelle des êtres enchaînés qui grimacent encore,
mais par peur de ne plus être entendus

Ainsi, je laisse le chant facile de la poussière serpenter librement sous mes pieds,
traversant mon absence comme une empreinte légère

ô nudité de l'âme

De ma bouche est sortie la vaste rumeur du monde
et mes bras, ne cherchant plus à étreindre
ont secoué la nappe chatoyante des mirages éphémères que j'appelais bonheur

J'ai brisé l'envers du désir à l'endroit où se retirent toutes les peines,
ce noeud intime où l'obscurité peu à peu nécrose l'innocence

puis,

empilant ces secrets statufiés sur les bûchers flottants
j'ai dénoué l'histoire et couvert ma chevelure de ses cendres

Ce n'est plus dans ce monde que mon coeur bat

J'éveille le long sommeil sur les rives assourdies de mes vies déclinantes
et suis l'inexorable dans un battement de main
et suis l'aile poudrée du papillon
loin
en moi  

L'océan ne refuse aucune rivière**

                                          partir
                                    partir     partir
                              partir                  partir
                                     partir     partir
                                          partir





* "renoncement"
** inspiré librement d'une chanson de Sheila Chandra

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