Face à de telles merveilles, nous prenons évidemment du retard. Et puis les routes indiennes étant ce qu'elles sont, sans parler des imprévus, inutile de parler en kilomètres.
Diner à 23h00 dans un restaurant de bord de route, délicieux d'ailleurs, mais les très jeunes serveurs tombent littéralement de sommeil dans les plats : en Inde, on se lève très tôt et on se couche tôt aussi.
Nous arrivons à l'hôtel à 02h00 du matin. A peine le temps de constater que la chambre est splendide, mais que la clim ne marche pas (il fait dans les 40°, quand même) et que la literie est constituée d'un très très mince matelas sur une planche, nous tombons raide pour une minuscule nuit.
Au matin, inutile de dire que je suis épuisée. Non, là je ne réussirai pas à démarrer, surtout que nous avons notre premier cours de danse avec les tsiganes. J'ouvre les rideaux, et je tombe... sur la vue époustouflante d'une somptueuse piscine en contrebas. Ni une ni deux, je saute dans mon maillot de bain, pendant qu'Annie me traite de dingue. Inflexible, je suis : il me faut un bain d'eau froide pour être capable de commencer la journée. Annie me suivra d'ailleurs, et nous voilà dans les jardins de l'hôtel à 07h30 pour un bain matinal.
Remarquez, la vue en vaut la peine, sans compter les délices de l'eau fraiche sur notre organisme surchauffé
Après le petit-déjeuner, nous rencontrons enfin les Tsiganes pour notre cours de danse. Leila est obligée d'aller les chercher à la réception, car ici comme ailleurs, on ne laisse pas des gypsies entrer dans un hôtel, encore moins un hôtel super chic comme celui-là.
Elles arrivent avec armes, bagages et musiciens (et bébés), vêtues de leur somptueuses tenues kalbelya (là on voit à leur jupe noire qu'elles sont du clan des Sapera, les charmeurs de serpents).
Je dois dire que le cours ne prête pas à la morosité, la danse kalbelya étant plutôt athlétique et joyeuse.
Une des dames de l'hôtel qui fait le ménage, une gypsie elle aussi (ça se voit à ses immenses anneaux de nez), se prend d'affection pour moi et me prête, le temps du cours, son magnifique collier en or (sans doute son bien le plus précieux) : c'est plus joli, me fait-elle comprendre, quand on danse. Elle regarde avec un certain étonnement et une joie certaine ses consoeurs, jamais on n'a vu un tel spectacle dans cet hôtel, s'amuse de nos efforts et me montre fièrement à ses collègues parce qu'elle a décrété que je dansais comme si j'étais une tsigane.
Et tout le temps que je resterai cet hôtel, elle me fera de grands sourires me osera me serrer dans ses bras timidement. Une rencontre comme cela arrive de temps en temps.
L'après-midi, visite de Pushkar.
Pushkar est une ville sainte pour les hindouistes, on dit que Brahma y a tué un démon avec une fleur de lotus. Les pétales, en tombant, on formé les trois lacs sacrés où l'on peut se baigner pour se purifier.
C'est un endroit tranquille, rythmé par les cérémonies religieuses, qui ne se réveille qu'en novembre pour la plus grande foire de chameaux du monde. J'aimerais bien voir ça, il paraît que c'est épique !
Visite tout d'abord du temple dédié à Brahma, le seul en Inde (c'est l'épouse du dieu, jalouse qu'il aille lutiner sa 2ème et très jeune épouse, qui décida qu'il n'y aurait qu'ici que son époux aurait un temple pour y être adoré)
On n'a pas le droit aux appareils photo à l'intérieur, nous nous contenterons donc d'admirer les belles sculptures et les ex-voto écrits dans toutes les langues possibles et imaginables.
Nous allons ensuite au lac sacré de Pushkar, où celles qui le souhaitent peuvent effectuer une puja (cérémonie) afin d'attirer sur elles et ceux qu'elles aiment la bénédiction de Brahma. C'est là que j'ai pensé à vous, tous et toutes...
Puis promenades dans les rues de la ville, et surtout shopping.
C'est leur premier vrai shopping en Inde pour celles qui ne connaissent pas, je suis bientôt hilare de voir les copines courir dans tous les sens, affolées par la quantité de jolies choses et les prix modiques. Je marchande tellement sec que j'aurai rapidement la fonction de négociatrice déléguée...
Le nez en l'air, je me promène dans les rues de cette jolie petite ville, en effet assez calme et endormie pour une cité indienne.
Le soir, je réussis assez facilement à convaincre quelques unes des filles à manger dans un des restaurants ouvert sur la rue, où nous dégustons un thali somptueux (assortiment de plusieurs plats, de l'entrée au dessert, sur un plateau compartimenté en inox) pour environ 1,50 euro.
Un mariage passe au même moment : nous avons la chance d'admirer le défilé bruyant ainsi que le jeune marié, déguisé en maharajah et assez piteux sur son cheval caparaçonné,
