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eaux-douces

 

 

 

Mes eaux-douces prirent leur source d'une rencontre, et d'un regard.
Et de ce regard qu'un jour un homme posa sur moi, naquirent quelques larmes de mots, puis un mince ruisselet devenu rivière, bientôt un fleuve libéré...
J'ai eu à coeur de créer cet espace pour vous permettre de vous ébattre à l'aise dans ma petite mer intérieure.
Laissez-vous emporter par le courant...



Egypte, 14 au 25 avril 2009

le 26/05/2009 à 00h44

L'Egypte... un stage de danse orientale me permet de découvrir ce pays étonnant, loin des clichés touristiques et des innombrables bateaux de croisière qui encombrent le Nil.
Nous résidons à Louxor, l'antique Thèbes, un musée à ciel ouvert mais aussi une ville complexe, grouillante de monde, vivant pourtant à un rythme nonchalant.
Deux expressions à connaitre absolument, en plus des salutations d'usage : "inc'h allah", en gros "si Dieu le veut" ("on arrive bientôt ?" , "dans deux ou trois heures, inc'hallah"), et "maalech", plus ou moins : "ce n'est pas grave, tant pis". Elles résument assez bien l'état d'esprit en Egypte. Surtout, éviter le "faire le parisien", c'est à dire s'énerver et réclamer à corps et à cris : les Egyptiens ne comprennent pas l'énervement.
Le programme est simple : lever avant l'aube pour visiter les temples "à la fraîche", danse de 11H00 à 13H00 avec un orchestre de musiciens du pays (un ravissement), repos et déjeuner, danse encore (ah, danser face au coucher du soleil sur le Nil...), musées et souks en début de soirée, dîner puis sorties pour des spectacles ou pour... danser, ben oui, on aime ou on
aime pas...
Dormir ? Pour quoi faire, on est en Egypte, là.
Et avant que ne tombe la nuit douce et piquetée de milliers d'étoiles, fraicheur enfin (et moustiques hélas), le soleil se couche sur les rives fertiles du fleuve.



Karnak, le centre du monde, où le dieu Amon trouva la vie et sortit le monde du Chaos originel. Durant 20 siècles, les pharaons agrandirent, embellirent, remanièrent Karnak, pour en faire le plus grandiose des temples d'Egypte.




Le Nil au petit matin, nous descendons le courant vers le temple de Dendéra, dédié à la déesse Hator, rude concurrence pour les premiers chrétiens.



Fresque représentant Horus à tête de faucon, et Thot, à tête d'ibis, dieu de la sagesse et patrons des scribes. Fleurs de papyrus, symboles de la Haute Egypte



Le temple de Dendéra est consacrée à la déesse Hator à tête de vache, une déesse primordiale puisqu'elle est la mère céleste, déesse de la joie et de la douceur, protectrice des femmes et aussi des artistes, dont les musiciens et les danseuses... Leïla ne peut s'empêcher de déployer son voile en silence dans le saint des saints, le sanctuaire d'Hator, niché tout en haut du temple.




Coucher de soleil sur le Nil, nous remontons le courant vers Louxor



L'entrée du temple de Louxor.



La taille des monument se passe de commentaires. Il est à peine O7H00 du matin et la lumière extrêmement crue perturbe mon appareil photo...



A l'intérieur du temple, une mosquée a été construite. Une cohabitation étrange, mais un lieu de culte reste un lieu de culte, les gens ont l'habitude de s'y rendre, quelle que soit la religion.



La grandeur des lieux provoque une sensation étrange, presque irréelle. Il est difficile de réaliser que des humains ont construit cela : cette beauté écrasante ne semble pas de ce monde.



Méli-mélo religieux...



Les premiers chrétiens ont laissé leurs marques également, recouvrant les murs et les hiéroglyphes de stuc pour y peindre les apôtres.



Sur la rive ouest, en direction de la Vallée des Rois et de la nécropole thébaine, un vieil homme dans un café. Il faut savoir que la rive est, très peuplée, appartient aux vivants, la rive ouest (où se couche le soleil) est le domaine des morts. Elle reste encore aujourd'hui bucolique et tranquille. Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec Bénarès, surpeuplée d'un côté du fleuve, presque vide de l'autre.



On reconnait Sekhmet en avant-plan, la terrible déesse à tête de lion. Les couleurs sont fraiches et vives, comme peintes de la veille. Je résiste au désir de toucher...



Felouque sur le Nil. Voilà la vue qu'on avait de la salle de danse... ça inspire sérieusement...

Nietzsche et l'Inde

le 16/03/2009 à 22h51
Le 20 janvier 2009.

Mardi dernier, donc, le 20 janvier, j'étais invitée à cette conférence au titre prometteur.
Nietzsche : un vieil amour de jeunesse, j'ai dévoré tous ses livres vers les 15 ou 16 ans. L'adolescence, exaltée et bouillonnante...
Et l'Inde : une passion plus récente, profonde, un amour plutôt, ce genre d'amour qui bouleverse une existence. Si si, ça existe...
Alors les deux ensemble, vous imaginez !
D'autant plus que j'étais invitée par Kalpana, une danseuse de Baratha Nathyam qui donne des cours près de chez moi, et avec qui j'ai déjà pas mal discuté. Je me suis promis d'aller à un de ses stages quand môsieur mon pied voudra bien danser.
La conférence portait sur la sortie du livre d'Alain DUREL, un universitaire qui a écrit "Enquête sur la mort de Dieu, Nietzsche contre le Crucifié", avec dédicace et débat.
L'homme en lui même n'était pas un grand orateur, et si vous ne connaissiez rien à Nietzsche, Schopenhauer, ou à la psychanalyse, il y avait de quoi être paumé... de plus, le rapport avec l'Inde n'était qu'esquissé.
La bonne surprise, c'est que nous avions un lecteur, qui nous a régalés de quelques passages choisis, et le monsieur en question était Michael Lonsdale, un excellent acteur à mon sens, et une voix très particulière. Un vrai plaisir que ces extraits lus par ses soins...
L'endroit où se déroulait cette conférence m'a semblé, par ailleurs, assez étrange : le forum 104, sis au 104 rue de Vaugirard, est en fait un lieu de retraite et études sprituelles pour chrétiens "baba cool". Parce qu'on y donne des conférences sur la foi, mais aussi le bouddhisme, la spiritualité par la danse ou la poterie (?), avec des stages style : danse holistique, danser avec les Fleurs de Bach. Heu... Shocked
Kalpana intervenait, avec trois danses de 10 minutes environ chacune, entre les lectures, débat, explications de l'auteur...etc. Un régal aussi, un style très différent de ce que j'avais vu dans le spectacle de Raghunath Manet, très féminin, très gracieux, mais néanmoins extrêmement physique...
Allez, quelques photos ...

























Voilà, j'espère que vous avez un peu voyagé avec moi. Dès que j'aurai lu le bouquin, je vous en parlerai.
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Semences

le 05/12/2008 à 21h56
Ils prirent leur envol
sur la rembarde d'une nuit outrebleue
et d'une incantation hydraulique
laissèrent la trame se déchirer

Tous ces mondes libérés
mêlèrent leurs chuchotis empressés
des pierres assombries de sommeil
jusqu'à la grande roue déclinante

et là
caressés par les ailes de l'ange immobile
comprirent qu'ils pouvaient voler

Alors que l'aube ne se savait pas inventée
ils lancèrent sur la plaine mauve
leurs navires au col de bête
et le roulis de leurs chevaux
les ordres et les cris fuselés
dans la cohue céleste
et les pierres jusqu'aux tréfonds
sculptées de sang et de piété

Effleurant le monde à rebours
chacun porteur de son secret
répandit la coupe aux merveilles
jusqu'à la gorge des étoiles
jusqu'au ventre blême de  l'océan

là-bas

Dans son domaine vacillant
le vieil homme a posé son front
sur une page enluminée
il dort
peut-être

Au matin
tous les mots s'étaient envolés

Quadrature du cercle

le 24/11/2008 à 22h20

Que mes pas entravés d'humaine compassion
escaladent en vain l'échelle de ton coeur
que pour s'en retourner vers l'impossible fin

et pourtant
je flânais sur cette route dorée
couchant sous ma caresse le bruissement des blés
les oiseaux inclinant leurs chants ensauvagés
sur mon passage à moi
l'élue
moi
princesse de tes songes
pour un temps

Que mes doigts dessinant tes courbes assoupies
ma main sur tes parfums soulevés d'interdit
acceptent de n'être plus que l'orée de ce vide

et pourtant
l'enclume de ce désir obnubilait ma chair
jusqu'à l'obscurité déclinant la tempête
ce calme somnolent soudainement zébré
de rafales obscures à tes lèvres cambrées

Qu'à nouveau je ne sois qu'une terre inféconde
moi qui sous ton regard enfanta fleurs et fruits
en une seule saison

et pourtant
tes murmures palpitaient sur l'orbe de mes silences
papillons musiciens saupoudrant d'espérance
cette longue ascension
vers toi

puis

les chiffres de la chance chutent à l'horizontale
équation à jamais privée de solution
électron libre
hélas

que mes pas jamais dans les tiens
que mon coeur jamais contre toi
tu me l'as dit
je le sais
tais-toi

Sannyâsa*

le 16/08/2008 à 10h46
Partir
nue dans la naissance du jour
celui qui ne sera plus jamais ni jour, ni nuit
puisque désormais le temps s'allège

Faudra-t-il pour cela éplucher chaque parcelle des êtres enchaînés qui grimacent encore,
mais par peur de ne plus être entendus

Ainsi, je laisse le chant facile de la poussière serpenter librement sous mes pieds,
traversant mon absence comme une empreinte légère

ô nudité de l'âme

De ma bouche est sortie la vaste rumeur du monde
et mes bras, ne cherchant plus à étreindre
ont secoué la nappe chatoyante des mirages éphémères que j'appelais bonheur

J'ai brisé l'envers du désir à l'endroit où se retirent toutes les peines,
ce noeud intime où l'obscurité peu à peu nécrose l'innocence

puis,

empilant ces secrets statufiés sur les bûchers flottants
j'ai dénoué l'histoire et couvert ma chevelure de ses cendres

Ce n'est plus dans ce monde que mon coeur bat

J'éveille le long sommeil sur les rives assourdies de mes vies déclinantes
et suis l'inexorable dans un battement de main
et suis l'aile poudrée du papillon
loin
en moi  

L'océan ne refuse aucune rivière**

                                          partir
                                    partir     partir
                              partir                  partir
                                     partir     partir
                                          partir





* "renoncement"
** inspiré librement d'une chanson de Sheila Chandra

Danse kalbelyia

le 21/07/2008 à 00h07
Le 21 juillet 2008.

Aujourd'hui, stage de danse de l'Inde du Nord, les danses kalbeliya (ou kalbelia) du Rajasthan.
J'avais déjà vu au Cabaret Sauvage, cet hiver, un spectacle consacré à cette culture (voir mon article), et j'avais admiré une magnifique danseuse.
Le professeur, donc, qui enseigne toutes les danses tsiganes, de l'Inde jusqu'à l'Espagne (ce sont des gens qui voyagent, s'pas), s'appelle Simona Jovic. Elle est très connue, et vous pouvez sans mal aller visiter son site internet. D'ailleurs, elle organise des stages chez les Roms de différents pays, en les suivant dans leurs pérégrinations : confort rudimentaire, mais chant et danse autour des feux et sans doute beaucoup d'échanges magnifiques.
Elle a déployé une carte du monde et nous a montré le trajet supposé de ces nomades venus du Rajasthan. Simona nous a d'abord précisé qu'il s'agissait de nomades, et non de tziganes, des Rajasthani vivant de leur art et faisant donc partie d'une caste. Mais les roms et tous les tsiganes descendraient d'eux.
Il existe deux familles génériques : les kalbeliya et les sapera. Kalbeliya vient de "kalo", noir, car le fond des robes des danseuses comporte toujours du noir. Et Sapera de "sap", le serpent, car cette famille produit aussi des charmeurs de serpents. Les filles apprennent à danser en observant les cobras, qui font en quelque sorte partie intégrante de leur vie. Lorsqu'elles se marient, vers 20 ans, elles arrêtent de se produire en public.
La danseuse dont les photos suivent est une Sapera (elle s'appelle donc : quelque chose, j'ai oublié le prénom- Sapera).
Les nomades du Rajasthan dansent sur des rythmes binaires 2/2 (deux temps, le premier étant marqué par une frappe du pied droit), en trois temps 3/4 (comme une valse en fait), en sept temps 7/8 (décomposé en 1-2-3 / 1-2 / 1-2, toujours le premier temps frappé du pied). Je précise qu'elles portent des larges bracelets de chevilles ornés de grelots, et marquent ainsi le rythme.
Les musiques et les instruments sont ceux du Nord de l'Inde, ils ont voyagé et ont évolué tout le long du périple de ces nomades, influençant les musiques et les instruments de l'Orient (donc aussi de l'Occident) en suivant la route de la soie. Le détour et le long arrêt en Egypte est un peu particulier, car la culture égyptienne était déjà si importante qu'elle a adapté ces apports en les enrichissant considérablement (par exemple, les mouvements de hanche et de bassin en isolation n'existent pas en danse kalbelyia, alors qu'ils sont essentiels en danse égyptienne) .
Pour donner une idée :
Le sarangi, une sorte de vielle, a évolué pour donner le violon en Turquie (oui oui, c'est un instrument turque à la base).
Le kartal consiste en deux planchettes de bois, des sortes de castagnettes indiennes en fait, j'ai vu en jouer avec une dextérité confondante. Dans les Balkans et en Turquie, cela s'est transformé en jeu avec des cuillères en bois servant de percussions. Et comme les nomades sont allés jusqu'en Espagne, et ont influé sur le flamenco parait-il, on devine ce qu'est devenu cet instrument.
La manjira est une paire de cymbalettes en bronze. Cela a donné les sagattes en Egypte (celles avec lesquelles j'essaie de danser, hum), et les zills en Turquie.
Quelques photos après toutes ces parlottes !











Ah, une dernière chose : comme danse, c'est très très vif ! J'ai l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur... Shocked Mais c'est fabuleux à danser !!


Maroc, stage de danse 2008

le 19/07/2008 à 00h06
Le 19/07/2008.
Bon, je vous avais promis un petit compte-rendu de mon voyage à Marrakech... ne vous étonnez pas qu'il n'y ait que peu de photos de la ville en question : il s'agissait avant tout d'un stage de danse, donc nous sortions surtout le soir, et mon appareil n'aime pas trop les prises de vue la nuit.

A côté de Marrakech, un superbe ensemble hôtelier, "chez Ali", où nous avons passé la soirée : groupes de danseurs "folkloriques", dîner idoine, fantasia à la nuit tombée... c'est quand même très très touristique, j'ai eu un peu l'impression de tomber sur un disneyland des mille et une nuits...



Architecture maure, plus ou moins. J'ai ramené un lustre dans ce style (un peu moins gros, quand même) pour mon entrée, acheté à un prix dérisoire. Et j'ai pris un air très détaché à la douane ("comment ça, j'ai trois bagages à mains ? non, pas possible...!")



Un des cavaliers de la fantasia : un jeu rigolo, qui consiste à foncer à cheval sur ses ennemis, en déchargeant des pétoires qui ont fait la guerre d'indépendance. En fait, une manière de prouver son habileté de guerrier et de cavalier...
Ma surprise a été grande, néanmoins, sur le choix des musiques : ils ont entamé le spectacle par la musique de "Star War", puis un extrait de "La Passion du Christ", pour terminer sur "Carmina Burana". Hum, ça s'appelle la mondialisation...



Pour notre journée libre, j'ai loué un taxi à la journée, taxi que nous avons partagé à 4 pour pour nous rendre à Essaouira, l'ancienne Mogador, près de l'océan. Un endroit magnifique, qui m'avait déjà envoûtée l'année dernière. Pas mal de Français se sont installés là-bas, dont un contingent de surfeurs marginaux.
J'ai volé quelques photos sur les marchés et dans les rues...
Le poissonnier, par exemple :



Le boulanger :



Le boucher :



Le marchand d'olives :



L'épicerie :



Fruits et légumes:



Le marchand d'épices et d'herbes médicinales : vous remarquerez les "racines pour grossir", le "cure-dent berbère", le 'dentifrice touareg", le "pavot cool raoul, relax max" -ça c'est l'influence des surfeurs, je vous dis !-, l'énigmatique "pour sourire"...etc



Les écheveaux des tisserands :



Et les tapis en question :



Une minette qui a squatté un étal confortable... (photo spéciale pour vestale)



Un intérieur, en passant dans les ruelles



Un autre de ces chatons à demi sauvages qui grouillent dans les rues de la ville, pause au soleil...



Dernier jour à Marrakech, ma camarade de chambre vient acheter des gâteaux pour sa famille dans une de ces pâtisseries... argggh, le régime ?



Woula !
A part ça, je n'ai pas été malade (une épidémie de turista a éclairci nos rangs, mais j'y ai échappé), j'ai même pris deux kgs à force de bouffe hyper-calorique, et malgré les 4 heures de danse par jour (j'ai quasi tout reperdu, je vous rassure), j'ai appris deux belles chorégraphies en entier (sans compter tout le reste), et j'ai engrangé quelques instants magiques...
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