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eaux-douces

 Mes eaux-douces prirent leur source d'une rencontre, et d'un regard.

 Naquirent quelques larmes de mots, un mince ruisseau devenu rivière, enfin un fleuve libéré...

Laissez-vous emporter par le courant...


Inde, carnet de route 2011

le 31/08/2011 à 21h17

 1ère partie : le départ, visite d'Old Delhi (9 et 10 avril 2011).

Après les angoisses de l'année dernière et notre retard dû au nuage volcanique, ce voyage s'annonce sous des auspices bénéfiques.
Départ samedi tôt, un taxi vient nous chercher et nous conduit sans encombre jusqu'à l'aéroport. L'embarquement se fait sans aucun problème, l'avion part à l'heure, incroyable...
Ceux qui ont emprunté ce vol mettront cependant un bémol à cette euphorie ambiante : au-dessus du Pakistan, une tempête dantesque nous rattrape et secoue l'avion avec une application digne d'éloge. Inutile d'essayer de continuer ma sieste : les passagers vomissent autour de moi en choeur, et Annie, ma camarade de voyage, s'agrippe à moi comme si sa vie en dépendait. Je n'ai jamais été autant secouée dans un avion.
Du coup, même les hôtesses sont obligées de s'attacher et de jouer aux montagnes russes avec nous. Dans leur carré, les canettes de soda volent en tous sens.
Nous débarquons avec les jambes légèrement flageolantes et pour ma part assez affamée, puisque le diner n'a pu évidemment nous être servi. Mais la nuit sera trop courte pour que je songe à autre chose que m'allonger et essayer de récupérer...

Dimanche, lever à l'aube pour la visite de monuments du vieux Delhi.
Je souris déjà aux efforts de la guide pour essayer de rassembler le groupe, les filles s'égaillent et poussent des cris de ravissement à chaque découverte de la capitale.
Le temps, couvert et gris, nous épargne la grosse chaleur de l'année dernière : un petit 30° au lieu des 39° de 2010...

Notre première visite est pour la mosquée Jama Masjid, bâtie entre 1644 et 1658 sous l'égide du fameux Shah Jahan, celui du Taj Mahal... une magnifique construction, donc, aux proportions parfaites.



Hélas, pour entrer dans la mosquée, les touristes que nous sommes devons revêtir des blouses en matières synthétiques, censées nous rendre "décentes", étant entendu que les Indiennes, même non musulmanes, sont par essence décentes... nous enfilons ces hardes multicolores, d'une propreté un peu douteuse, et nous partons à la découverte sur l'immense esplanade du monument.



Bien que l'architecture soit magnifique, ma curiosité et mon goût me portent à observer les rues qui bordent la mosquée. J'y retrouve l'agitation, le bruit, les couleurs et l'extravagance de l'Inde...



Après cette première visite, nous nous rendons au tombeau d'Humayun. Ce mausolée, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est un petit joyau serti dans un parc verdoyant et calme, bienvenu après l'agitation de la capitale.
On y entre par de belles portes de pierre aux décorations raffinées.



L'aboutissement ultime de cette architecture funéraire moghol fut bien évidemment la perfection du Taj Mahal, mais on remarque déjà le souci de symétrie et de magnificence, et le système du "charbagh", du jardin moghol divisé en quatre cours par des chemins et des canaux, que l'on doit à Babur, le prédécesseur d'Humayun.
Pour les musulmans d'Asie, le paradis était un jardin. Les quatre canaux symbolisent les quatre fleuves du paradis, celui de l'eau, celui du lait, celui du miel et celui du vin.



Le paradis ne s'entretenant pas tout seul, nous observons le ballet des tailleurs de pierre, qui restaurent patiemment le monument, "à l'ancienne" dirons nous, c'est à dire visiblement de la même manière qu'au moment de la construction.



Nous allons ensuite visiter le Qutub Minar, encore une curiosité architecturale riche et impressionnante. Cet ensemble de monuments variés fait partie des tous premiers édifices musulmans sur le sol de l'Inde.
La tour en elle même, commencée en 1199, est sans doute la plus haute et la plus belle des tours de pierre du monde musulman : songez, plus de 72 mètres de haut d'une dentelle finement sculptée



Quant à la très ancienne mosquée, à ciel ouvert comme on peut en trouver encore en Iran, elle fut bâtie en utilisant les pierres, les colonnes et les sculptures de 27 temples hindous détruits par le sultan Qubt-ud-din lorsqu'il conquit la capitale rajpute Qila Rai Pithora. On y trouve, curieusement, des sculptures érotiques au milieu de l'ancienne école coranique.



Là aussi, on répare, on restaure, témoin de l'attention et du soin que portent les Indiens à leur riche passé. D'ailleurs, nous croisons en majorité des touristes indiens venus de partout, le prix des entrées dans les monuments étant absolument symbolique pour les gens du pays et plus onéreuses pour les touristes étrangers.
Je reste toujours admirative devant leurs échafaudages en bambou, sur lesquels les ouvriers voltigent sans aucune appréhension.



Après cette "mise en bouche", nous prenons la route d'Agra.
Les filles qui ont fait le voyage l'année dernière sont ravies : nous avons retrouvé notre chauffeur de bus, si gentil et prévenant. D'ailleurs, quand il est arrivé, nous avons poussé de tels cris de joie, trépignements et frénétiques serrages de main qu'il en a été tout ému.
Nous allons être dorlotées...

Inde, carnet de route 2011

le 30/08/2011 à 21h19

 2ème partie : le Taj Mahal (11 avril)


Fortes de notre expérience de l'année dernière, et après un vote quelque peu houleux suivi de moultes tractations, nous obtenons de partir ce matin très très tôt, de façon à voir le Taj Mahal au lever du jour. Enfin, presque au lever du jour, mais en tous cas pas dans la chaleur ni dans la foule.
Ce qui donne 5 heures du matin, et pas de petit-déjeuner, on verra après la visite.
Que dire du Taj qui n'ait pas été dit déjà ? Sinon que « la couronne du palais », construit pour l'amour d'une reine, constitue à mes yeux la plus parfaite expression de la beauté en architecture. Jamais la douleur d'avoir perdu l'être aimé ne s'est manifestée d'une façon aussi spectaculaire.
Mais plus que cette incroyable mausolée dédié à Mumtaz Mahal (la « perle du palais »), la bien-aimée reine de Shah Jahan morte en couches en 1631, plus que cette performance technique (37 architectes, 20.000 ouvriers, des artistes du monde entier, 22 années de construction...), il reste une oeuvre profondément troublante, un rêve d'une grâce éthérée et resplendissante.

Après une fouille minutieuse à l'entrée (on ne peut rien amener avec nous sauf l'appareil photo, même la bouteille d'eau nous est fournie avec le billet d'entrée), nous parvenons enfin près du Taj Mahal.
Les architectes de l'époque sachant ménager leurs effets, nous ne voyons pas tout de suite le monument, nous devons d'abord passer par une entrée monumentale



Puis c'est le choc frontal : le Taj Mahal dans toute sa splendeur, un vaisseau de marbre blanc sur cette vaste plateforme, au fond de jardins parfaitement symétriques, entouré de quatre monuments à l'harmonie absolue, « tel une princesse radieuse entourée de ses quatre demoiselles d'honneur ».



Comme l'année dernière, la perspective est tellement vaste et l'impression tellement forte qu'il faut veiller à ne pas tanguer en prenant les photos. Les réactions sont assez étranges : des larmes, de l'abattement stupéfait ou une sorte d'euphorie. A part le Requiem de Mozart, rien ne me fait cet effet de plénitude artistique...



Nous sommes sur la plateforme en marbre, les pieds protégés par des chaussons de toile jetables qu'on nous a fournis et priés d'enfiler.
De là, nous avons une vue magnifique sur la Yamuna, un des fleuves sacrés en Inde



La splendeur du Taj en lui même éclipse les bâtiments adjacents, pourtant d'une facture délicate et harmonieuse



Nous pénétrons à l'intérieur du mausolée, heureusement presque vide à cette heure matinale. Nous pouvons ainsi admirer à loisir les sculptures délicates faites selon la technique de la « pietra dura", c'est à dire finement incrustées de milliers de pierres précieuses et semi-précieuses



Le Taj vu sur un de ses côtés, splendeur du marbre blanc



A la fin, épuisées d'émotion (et de chaleur), nous nous allongeons sur l'esplanade de marbre bien frais



La vue d'en bas en vaut la peine...



D'ailleurs, nous ne sommes pas les seules à y avoir pensé. Un groupe de femmes indiennes campe sur le parvis et discute tranquillement, à l'ombre et au frais



Un dernier coup d'oeil en partant, presque à regret, mais nous sommes tellement saturées d'émotions fortes que nous retrouvons la réalité triviale presque avec soulagement.

Le Taj Mahal, le degré ultime de perfection en ce monde

Inde, carnet de route 2011

le 29/08/2011 à 21h20

 

Inde, carnet de route 2011

le 28/08/2011 à 21h21

 3ème partie : le Fort Rouge d'Agra et Fatehpur Sikri (11 avril)

Heureusement, nous avons visité le Taj Mahal très tôt, ce qui nous permet de retourner à l'hôtel tranquillement, de prendre notre petit-déjeuner et de boucler nos valises pour le prochain arrêt : le Fort Rouge d'Agra.

Ce bâtiment constitue un mélange fascinant d'architecture moghole robuste de l'époque du grand empereur Akbar, représentée par les solides murailles en grès rouge, et d'architecture plus tardive et ornementée typique de Shah Jahan, son petit-fils, où l'on employa plutôt le marbre blanc et la technique de la pietra dura.

Voici les murs d'enceinte du fort en grès rouge : comme vous pouvez le constater, l'armée des Indes veille au grain



Un détail des bâtiments les plus anciens (construits à partir de 1565), vous constaterez que le raffinement faisait déjà partie intégrante de ce style



Vous pouvez voir la différence avec les bâtiments plus récents, en marbre blanc



Et la magnifique salle des audiences privées, où se trouvait autrefois le trône du paon, une merveille élaborée pour Shah Jahan, qui comprenait 108 grands rubis, 116 émeraudes, des diamants et parmi les plus belles perles du monde. On dit qu'il valait 12 millions de livres tournois de l'époque, soit 200 à 300 millions de nos euros, soit la somme dépensée pour la construction du château de Versailles entre 1660 et 1680.
Et non, je n'ai pas de photo, parce que le trône fut amené par l'empereur dans son palais de Delhi, puis proprement volé par les conquérants perses en 1738 (d'ailleurs, ils ont embarqué aussi, entre autre, les deux plus gros diamants du monde, dont le Koh-i-nor). Puis le trône fut détruit dans les guerres de succession persanes.



Au milieu de ces bâtiments impressionnants, je regarde aussi les touristes indiens, qui nous sourit avec gentillesse et nous demande si on aime ce qu'on visite. Ils nous trouvent tellement exotiques qu'ils demandent toujours s'ils peuvent nous prendre en photo, et n'hésitent jamais à poser pour nous, parfois avec un peu trop de sérieux...





Mais ce qui est magnifique dans ce fort, c'est finalement la vue : de là, nous pouvons admirer l'arrière du Taj Mahal et le fleuve Yamuna



Avec une petite pensée pour Shah Jahan, dont ce fut la dernière vision pendant des années : en effet, son fils, le très détesté Aurangzeb (car musulman fanatique, il persécuta les populations indiennes), l'emprisonna dans le fort, d'où il pouvait voir quand même d'une petite fenêtre le Taj Mahal de sa bien-aimée.
Officiellement, c'était parce qu'on disait que Shah Jahan voulait construire sur l'autre rive de la Yamuna un pendant en marbre noir du Taj, ce qui aurait achevé de ruiner le royaume. En fait, parce qu'Aurangzeb était tout simplement un ambitieux.

Après cette visite, nous roulons vers Fatehpur Sikri, à environ une quarantaine de kilomètres d'Agra.

Fatehur Sikri, une ancienne capitale moghole abandonnée telle quelle, ville fantôme, donne un peu la chair de poule tant les bâtiments sont en bon état : on s'attend à voir débarquer les anciens habitants, les processions, les éléphants..etc.
La cité fut construite suite à un voeu exaucé. En effet, le grand empereur Akbar ne pouvait avoir de fils. Il alla consulter un saint soufi près du village de Sikri, lequel lui prédit la naissance de trois fils. Quelques temps après, effectivement, ses trois épouses lui donnèrent trois fils. Pour célébrer cet événement, il fit construire, à partir de 1569, une magnifique mosquée puis une cité impériale, Fatehpur (la victoire).
Il faut s'imaginer, à l'époque : la ville était ceinte d'une muraille de 10 kms, les écuries royales contenaient 30.000 chevaux, 5.000 éléphants, 1.000 guépards, il y avait une bibliothèque de 24.000 manuscrits... et puis les caravansérails, les bains, les bazars, les écoles...
Le palais en lui-même renferme une multitude de pavillons élégants, destinés aux épouses ou favorites, à l'astrologie, les salles d'audience ...etc.



De cet ilôt entouré d'un bassin, relié par 4 petites passerelles en pierre, on dit qu'il s'agissait du salon de musique de l'empereur. Mais on raconte que c'est là aussi qu'il dissertait avec des sages venus du monde entier. Chaque invité s'asseyait à l'extrémité d'une des passerelle, l'empereur se trouvait lui au milieu et controversait avec chacun des sages à tour de rôle.



Il faut dire qu'Akbar, contemporain d'Elizabeth I et d'Henri IV, fut un souverain très éclairé, un fin stratège et un lettré, permettant à ses sujets et à ses épouses de pratiquer leur religion librement et ouvrant son royaume immense à toutes les influences. A sa cour résidaient toutes sortes d'artistes et de voyageurs, y compris des jésuites ! Il jeta même les bases d'une religion syncrétique, mélange d'islam, d'hindouisme, de jainisme et de bouddhisme.

Mais Akbar ne vécut que 14 ans à Fatehpur Sikri. On dit que la capitale fut abandonnée car on ne pouvait la ravitailler suffisamment en eau. Ou que les troubles politiques conduisirent les autres empereurs à déplacer leur capitale.
Mais ce qu'il en reste est impressionnant, vestige intact des fastes d'une cour impériale qu'on a peine à imaginer, où chaque détail témoigne du raffinement de cette culture

Inde, carnet de route 2011

le 27/08/2011 à 21h22

 4ème partie : Pushkar (12 avril)

Face à de telles merveilles, nous prenons évidemment du retard. Et puis les routes indiennes étant ce qu'elles sont, sans parler des imprévus, inutile de parler en kilomètres.
Diner à 23h00 dans un restaurant de bord de route, délicieux d'ailleurs, mais les très jeunes serveurs tombent littéralement de sommeil dans les plats : en Inde, on se lève très tôt et on se couche tôt aussi.
Nous arrivons à l'hôtel à 02h00 du matin. A peine le temps de constater que la chambre est splendide, mais que la clim ne marche pas (il fait dans les 40°, quand même) et que la literie est constituée d'un très très mince matelas sur une planche, nous tombons raide pour une minuscule nuit.
Au matin, inutile de dire que je suis épuisée. Non, là je ne réussirai pas à démarrer, surtout que nous avons notre premier cours de danse avec les tsiganes. J'ouvre les rideaux, et je tombe... sur la vue époustouflante d'une somptueuse piscine en contrebas. Ni une ni deux, je saute dans mon maillot de bain, pendant qu'Annie me traite de dingue. Inflexible, je suis : il me faut un bain d'eau froide pour être capable de commencer la journée. Annie me suivra d'ailleurs, et nous voilà dans les jardins de l'hôtel à 07h30 pour un bain matinal.
Remarquez, la vue en vaut la peine, sans compter les délices de l'eau fraiche sur notre organisme surchauffé



Après le petit-déjeuner, nous rencontrons enfin les Tsiganes pour notre cours de danse. Leila est obligée d'aller les chercher à la réception, car ici comme ailleurs, on ne laisse pas des gypsies entrer dans un hôtel, encore moins un hôtel super chic comme celui-là.
Elles arrivent avec armes, bagages et musiciens (et bébés), vêtues de leur somptueuses tenues kalbelya (là on voit à leur jupe noire qu'elles sont du clan des Sapera, les charmeurs de serpents).



Je dois dire que le cours ne prête pas à la morosité, la danse kalbelya étant plutôt athlétique et joyeuse.
Une des dames de l'hôtel qui fait le ménage, une gypsie elle aussi (ça se voit à ses immenses anneaux de nez), se prend d'affection pour moi et me prête, le temps du cours, son magnifique collier en or (sans doute son bien le plus précieux) : c'est plus joli, me fait-elle comprendre, quand on danse. Elle regarde avec un certain étonnement et une joie certaine ses consoeurs, jamais on n'a vu un tel spectacle dans cet hôtel, s'amuse de nos efforts et me montre fièrement à ses collègues parce qu'elle a décrété que je dansais comme si j'étais une tsigane.
Et tout le temps que je resterai cet hôtel, elle me fera de grands sourires me osera me serrer dans ses bras timidement. Une rencontre comme cela arrive de temps en temps.

L'après-midi, visite de Pushkar.
Pushkar est une ville sainte pour les hindouistes, on dit que Brahma y a tué un démon avec une fleur de lotus. Les pétales, en tombant, on formé les trois lacs sacrés où l'on peut se baigner pour se purifier.
C'est un endroit tranquille, rythmé par les cérémonies religieuses, qui ne se réveille qu'en novembre pour la plus grande foire de chameaux du monde. J'aimerais bien voir ça, il paraît que c'est épique !
Visite tout d'abord du temple dédié à Brahma, le seul en Inde (c'est l'épouse du dieu, jalouse qu'il aille lutiner sa 2ème et très jeune épouse, qui décida qu'il n'y aurait qu'ici que son époux aurait un temple pour y être adoré)



On n'a pas le droit aux appareils photo à l'intérieur, nous nous contenterons donc d'admirer les belles sculptures et les ex-voto écrits dans toutes les langues possibles et imaginables.

Nous allons ensuite au lac sacré de Pushkar, où celles qui le souhaitent peuvent effectuer une puja (cérémonie) afin d'attirer sur elles et ceux qu'elles aiment la bénédiction de Brahma. C'est là que j'ai pensé à vous, tous et toutes...



Puis promenades dans les rues de la ville, et surtout shopping.
C'est leur premier vrai shopping en Inde pour celles qui ne connaissent pas, je suis bientôt hilare de voir les copines courir dans tous les sens, affolées par la quantité de jolies choses et les prix modiques. Je marchande tellement sec que j'aurai rapidement la fonction de négociatrice déléguée...
Le nez en l'air, je me promène dans les rues de cette jolie petite ville, en effet assez calme et endormie pour une cité indienne.













Le soir, je réussis assez facilement à convaincre quelques unes des filles à manger dans un des restaurants ouvert sur la rue, où nous dégustons un thali somptueux (assortiment de plusieurs plats, de l'entrée au dessert, sur un plateau compartimenté en inox) pour environ 1,50 euro.
Un mariage passe au même moment : nous avons la chance d'admirer le défilé bruyant ainsi que le jeune marié, déguisé en maharajah et assez piteux sur son cheval caparaçonné,

Inde, carnet de route 2011

le 25/08/2011 à 21h25

 5ème partie : vers Udaipur, le City Palace (13 et 14 avril).

Dès 07h00 du matin, je me retrouve dans la piscine de l"hôtel pour me rafraichir, en vue du long voyage en bus qui nous attend pour rejoindre Udaipur.
De ce voyage hélas, je n'ai rien à vous montrer. Le joli temple dédié à Shiva, qui se trouve à Nagda, est totalement interdit aux appareils photos. Nous assisterons néanmoins à une belle cérémonie dans le sanctuaire du temple tout recouvert d'or et d'argent, avec des vieilles dames qui chantent des hymnes à Shiva, dans un capharnaüm de cris d'enfants, louanges, instruments divers et sourires en prime.

Arrivés à Udaipur le soir, nous attendrons le lendemain pour visiter le City Palace.
Il s'agit quand même du plus grand palais pour l'état du Rajasthan, qui en compte beaucoup, et pas des moindres. La dynastie qui l'a construit au XVIème siècle, afin de pouvoir résister aux envahisseurs moghols, est aussi la plus ancienne famille dirigeante de cette province, puisqu'elle remonte au VIIème siècle. Par ailleurs, ils n'ont jamais été soumis aux musulmans et les princesses d'Udaipur n'ont jamais eu à aller dans les harems des empereurs moghols, ce qui explique la grande popularité de cette famille royale.

Un premier aperçu du paysage que l'on découvre, en arrivant au City Palace : il s'agit du lac Pichola, et l'ancien palais sur le lac est maintenant un hôtel de grand luxe, appartenant au groupe Taj



Comme vous pouvez le constater, on ne plaisante pas avec l'entretien de chaque partie du palais, y compris les clous en cuivre de cette porte, soigneusement astiqués par des employés à l'allure martiale



L'entrée du palais, côté visiteurs



Détail d'architecture : le soleil doré est le symbole des souverains du Rajasthan, qu'on retrouve beaucoup sur les boucliers, par exemple



Détail d'une fresque peinte sur un plafond, sous le porche : le dieu Krishna, reconnaissable à sa couleur bleue, entouré de ses gopis, les bergères avec qui il folâtrait



Sur les murs extérieurs, de magnifiques peintures de chevaux ou d'éléphants, vous pouvez en apprécier la taille en la comparant aux personnes devant



Une idée de l'architecture du palais



Vue sur la ville



Plus en détail



Et vue côté lac Pichola



Avec une partie du palais sur le lac



On y rencontre des personnes qui semblent sorties de contes de fées exotiques ou de livres de Kipling



Une vision esthétique



Un des gardes, comme tous les hommes du Rajasthan très attaché sa à fière moustache, signe de virilité



A l'intérieur du palais, une des chambres du maharajah, entièrement tapissée de miroirs colorés exportés à l'époque de Hollande

Inde, carnet de route 2011

le 25/08/2011 à 12h23

 6ème partie : Udaïpur (15 avril).

Aujourd'hui, journée libre.
Nous décidons d'aller visiter la partie commerçante de la ville d'Udaïpur dès le petit matin, à la recherche entre autre de passementerie pour Annie. Ces articles sont difficilement trouvables en France, ou très chers, les merceries à l'ancienne ayant fermé au fur et à mesure. Elles abondent en Inde et proposent de la superbe passementerie pour quasiment rien.
Il y a un marché aussi à Delhi Gate, et j'adore les marchés...

C'est le matin, le soleil commence à taper, le marchand des 4-saisons fait de l'ombre à sa marchandise avec un parasol quelque peu dépenaillé. Vous remarquerez les choux-fleurs et les concombres sur son étalage



La marchande d'aubergines. Il existe de somptueuses recettes à base d'aubergines dans la cuisine indienne, et tout particulièrement au Rajasthan, où ces légumes sont particulièrement savoureux



Dans une petite ruelle, des femmes en train de faire leurs dévotions devant un mini-temple (on voit le dieu Ganesh à droite)



Un étalage de bracelets, les fameux « bangles ». Ils semblent aussi nécessaires à la vie courante que la nourriture. La femme la plus pauvre, les cantonnières qui cassent les cailloux au bord des routes, auront toujours des bracelets autour du poignet, même en plastique ou en verre, les moins chers. ,





Très intriguées, nous regardons ces étalages qui proposent des roues de... quoi ? Du fromage ? Les messieurs nous font goûter. C'est bizarre, sucré comme du miel solidifié mais sans le goût typique du miel. On comprend enfin que ce sont des morceaux de mélasse, cassés et vendus au poids.



J'ai trouvé la concession Singer d'Udaipur ! Quand on se rend compte de l'importance du textile dans le pays, il est évident que les machines à coudre représentent un marché phénoménale, une vraie richesse



D'ailleurs, la boutique est très fréquentée. Ici, toute la famille s'est déplacée sur la moto du père



Epuisées par la chaleur et la marche à pieds de la matinée, nous prenons un rickshaw pour dénicher un petit restaurant bon et typique (pas un truc pour touristes, précisons-nous au chauffeur). Il nous amène devant une belle façade moderne, qui suscite en nous quelques doutes.
Mais non, c'est un restaurant des villes, qui s'est adapté au goût de chacun : au rez-de-chaussée, une partie moderne et aseptisée, climatisée à l'excès, où l'on sert des fausses pizzas et du Coca sur de la musique pop indienne. En haut, la partie indienne, ventilateurs qui brassent l'air chaud, grands plats à thali en aluminium, jeunes garçons qui passent avec des marmites pour remplir nos assiettes chaque fois qu'elles se vident. Nous faisons un festin, copieusement arrosé d'eau glacée, de jus de mangue frais et de lassi, pour la somme déraisonnable de 2 euros,

De retour à l'hôtel, nous sommes comme toujours accueillies par le portier, dont le rôle principal consiste visiblement à saluer militairement tous les gens qui entrent. L'armée des Indes n'est pas morte !



Il faut dire que l'hôtel où nous sommes, le Hilltop, est un vrai palace. Rien que la vue de notre chambre...



Impossible de terminer sans parler du stage de danse avec des tsiganes de la région, chez qui Leila, ma prof de danse, a vécu et étudié quelques temps.
Elles posent pour nous de bonne grâce, après un cours évidemment épuisant mais ô combien enrichissant



Le soir, nous sommes invités chez eux à diner et bien sûr pour de la musique et de la danse.
Depuis l'année dernière, ils ont pu construire une maison pour leur famille (famille tsigane, donc très élargie), dans une banlieue assez chic d'Udaipur.
Ils ont étalés des matelas et couvertures dans la grande pièce, afin que nous puissions nous asseoir et nous restaurer, et ce sera débauche de musique, chants, danses et fiesta jusque très tard dans la nuit.